C ‘est l’automne. En quelques jours les températures ont chuté, le ciel s’est couvert et la pluie a fait sa rentrée. L’été –bref- nous a permis de récolter le travail de toute une année, les foins sont rentrés, les moissons stockées. Après 2 années difficiles, il ne devrait pas y avoir besoin d’acheter du fourrage pour finir l’hiver, c’est une bonne chose.

Le moment est venu de tailler les haies et de préparer les sols pour les semis de céréales. Le troupeau profite encore de l’herbe des prés. Les veaux devraient bientôt être sevrés.

La pluie arrivée sans crier gare ne nous a pas laissé le temps de moissonner le sarrasin. Nous attendons quelques jours de soleil afin que les graines sèchent et puissent être moissonnées. Nous avons tout juste eu le temps de récolter les pommes de terre et semer les prairies.

La récolte puis le tri des pommes de terre s’effectuent à l’aide de machines. De part et d’autre du tapis roulant, nous retirons les toutes petites, les trop grosses, les difformes, les abîmées, celles qui ont des trous ou celles qui ont verdi. Nous nous appliquons à ne conserver que les belles pommes de terre, tout en songeant qu’aujourd’hui plus d’un milliard d’humains souffrent de la famine. Drôle d’époque. 

Cette année, nous sommes confrontés à un nouveau problème : une partie du champ de pommes de terre a subi une attaque de taupin, petits vers qui se nourrissent de la chair des pommes de terre. Depuis 2 ans, une nouvelle espèce de taupin se développe, dont le cycle de reproduction est beaucoup plus bref qu’auparavant : impossible donc de stopper la contagion. Ces nouveaux parasites arrivent du sud, et colonisent progressivement nos sols qui se réchauffent. Même en agriculture conventionnelle, les traitements demeurent  sans succès. Alors que faire ?