A chaque nouvelle année ses traditionnels « Bonne année ». On sourit, on remercie, et chacun passe son chemin, ainsi va la vie. Oui mais. Qu’est-ce qu’une bonne année en agriculture ? De bonnes récoltes ? Des productions payées à leur juste prix ? Un environnement professionnel porteur ? Ou tout simplement l’envie de perdurer…

DOUCE FRANCE - Avant de donner des nouvelles de la ferme, nous commencerons cette année par un tour d’horizon de l’agriculture en France. Il y a quelques années,  le recensement agricole livrait quelques chiffres significatifs : la France est passée de plus d’1.3 million d’exploitants agricoles, sur une surface moyenne de 30 hectares en 1988, à moins de 600 000 sur une surface moyenne de 55 hectares en 2010, soit une diminution de plus de 50% en 22 ans. Ce qui représente en moyenne une disparition de 25.000 exploitations par an en France, soit la disparition de 60 à 70 exploitations agricoles  chaque jour depuis vingt ans. On peut également évaluer la perte des terres agricoles dans notre pays pendant cette même période à 5 millions d’hectares, soit près de 230.000 hectares par an qui seraient passés de l’agriculture à d’autres usages (urbanisation, industrialisation, autoroutes, TGV, loisirs, etc.). Le monde change. Pourtant, certains éléments restent immuables.

REALITE et HUMILITE - En agriculture, il y a la terre qui ne se délocalise pas, il y a le temps qu’il fait et le temps qu’il faut pour produire. A l’heure du « risque zéro », du « 100% maîtrisé » et des entreprises qui nous poussent à tout organiser, prévoir, anticiper des mois, voire des années à l’avance, il est parfois douloureusement bon de se rappeler que nous sommes bien peu de chose. Travailler avec la nature, c’est aussi en être tributaire. Un numéro de haute voltige, sans filet en somme. Inutile donc de se prendre pour ce que nous ne sommes pas, labeur et profil bas sont de rigueur. Coup sur coup, François et Thomas ont dû faire face à des naissances de veaux compliquées, et quelques accidents de parcours. Césarienne, renversement de matrice, blessure d’animaux. L’agriculture exige une attention de chaque instant. Et quand bien même cette attention est-elle soutenue, la nature nous rappelle à l’ordre quand on s’y attend le moins.  

BONNE RESOLUTION - Pour autant, conscients de ces difficultés, du malaise agricole et général, relevons la tête et allons de l’avant. Nous persistons à croire que le métier d’agriculteur est un beau métier, que les valeurs liées à la terre sont pleines d’enseignements, que le bon sens paysan permet une vie en harmonie avec la terre, les animaux, les végétaux… et que le choix du bio est bien celui de l’avenir, de la santé préservée et de la création protégée. Alors « En 2014, c’est décidé, je mange bio ! »

« BIOnne et heureuse année ! »